Glanage droit à l’ amende !
Choquantepour les uns, nécessaire pour les autres, la décision prise par la mairie de Nogent-sur-Marne fait polémique, et vise à lutter contre la dégradation du cadre urbain et environnemental local.
Un nouvel arrêté vient en effet de condamner les « fouilleurs de poubelles » pris en flagrant délit à une amende de 38€. Personne n’échappe à la règle, pas même les plus démunis ou les sans domiciles fixes. Le maire, Jacques J.P Martin, a toutefois nuancé cet arrêté et a affirmé que ce dernier serait appliqué avec discernement et seulement en cas de multi-récidivisme. Il a également souligné que cette décision s’apparentait à un besoin de salubrité publique et de lutte contre la dégradation du patrimoine environnemental.
A l’origine de cette mesure, les glaneurs, qui extraient des poubelles des objets susceptibles d’être utilisés et revendus. Cette commune cossue du Val-de-Marne est en effet devenue un terrain de chasse pour les clans locaux qui se disputent les poubelles et saccagent l’environnement.
Mais le glanage est surtout devenu un fléau de première classe. Les contenus des poubelles sont une mine d’or pour tous les escrocs qui se trouvent bien souvent un courrier nominatif, un reçu, une facture ou encore un mot de passe leur permettant de mener à bien un acte frauduleux, tel qu’une usurpation d’identité. Face à ces menaces grandissantes, des sociétés comme Rexel se sont spécialisées dans la vente de destructeur papier. Lutter contre la fraude identitaire, c’est bien, mais comment lutter contre la précarité ?
Car voilà, face à une pauvreté grandissante, beaucoup dénoncent la « victimisation » des plus démunis. Cet arrêté « anti-glanage » aggrave la situation des personnes en difficultés, qui n’ont parfois pas d’autres choix que de récupérer la nourriture dans les poubelles des commerçants et des supermarchés afin de survivre. Ainsi, certains accueillent la nouvelle avec ironie et dénoncent une mesure « anti-pauvres ». Beaucoup accusent le gouvernement d’aggraver la précarité. De quoi faire sourire les Restos du Cœur,qui, ici comme ailleurs, ont de plus en plus de mal à faire face à la demande.









